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La pandémie de coronavirus (COVID-19) a continué de faire sentir ses effets sur l’activité économique au premier trimestre 2021, en raison de la prolongation des mesures strictes de confinement et de l’apparition de goulets d’étranglement au niveau de l’offre. Néanmoins, la baisse de la production a été maîtrisée grâce à des effets d’apprentissage (les agents économiques réagissant mieux face à la pandémie), aux mesures de soutien des pouvoirs publics, à la reprise en cours de la demande extérieure et à la résistance du secteur manufacturier[1].

Les progrès récents réalisés dans la lutte contre la pandémie devraient entraîner un rebond significatif à partir du deuxième trimestre 2021. Plus particulièrement, l’accélération du déploiement des campagnes de vaccination et la baisse des taux d’infection qui l’accompagne devraient permettre un assouplissement rapide des mesures de confinement au second semestre 2021, alors qu’elles ont été plus strictes que prévu au premier semestre. Ces mesures ne devraient toutefois pas être totalement abandonnées avant début 2022, conformément aux projections précédentes. Si ces hypothèses se vérifient, l’activité au sein de la zone euro devrait renouer avec la croissance au deuxième trimestre 2021 et se renforcer nettement au second semestre, sous l’effet d’une forte reprise de la consommation privée et d’un desserrement des goulets d’étranglement du côté de l’offre, ce qui permettrait au PIB en volume de dépasser son niveau d’avant la crise à partir du premier trimestre 2022, soit un trimestre plus tôt qu’escompté.

Les perspectives de croissance pour 2021 et 2022 sont plus fortes qu’anticipé dans les projections de mars 2021, conformément à l’hypothèse d’effets plus faibles de la pandémie sur l’économie, compte tenu de l’avancée des campagnes de vaccination, des vastes mesures supplémentaires de politique budgétaire, financées en partie par le programme Next Generation EU, et de l’amélioration des perspectives relatives à la demande extérieure grâce aux paquets de mesures budgétaires adoptés récemment aux États-Unis. Les mesures monétaires, budgétaires et macroprudentielles devraient permettre de prévenir d’importants effets d’amplification financière et de limiter les séquelles économiques de la crise. Fin 2022, le PIB en volume devrait ainsi être inférieur de 1,3 % seulement au niveau anticipé dans les projections publiées avant le début de la pandémie[2].

Le taux d’inflation devrait atteindre un pic de 1,9 % en 2021, sous l’effet de facteurs haussiers temporaires, avant de revenir à 1,5 % et 1,4 % en 2022 et 2023, respectivement, en raison de la persistance de tensions modérées sur la demande et d’une baisse attendue des cours du pétrole. La trajectoire en cloche de l’inflation globale en 2021 résulte de la fin de la réduction du taux de TVA en Allemagne, du rebond des prix de l’énergie dans un contexte d’importants effets de base et de l’augmentation des coûts des consommations intermédiaires liée aux ruptures d’approvisionnement. Ces facteurs temporaires devant néanmoins s’estomper début 2022, l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) devrait afficher un profil globalement plat en 2022 et 2023. La hausse de l’IPCH hors énergie et produits alimentaires, de son côté, devrait se renforcer davantage qu’anticipé dans les projections de mars 2021, à mesure que la reprise économique se déploiera et que la sous-utilisation des capacités de production s’atténuera. La composante produits alimentaires de l’IPCH devrait elle aussi augmenter. Ces effets haussiers sur l’inflation sont globalement compensés, sur l’horizon de projection, par une baisse attendue de la composante énergie, telle qu’elle ressort de la courbe descendante des cours du pétrole à terme. L’inflation a été révisée à la hausse pour 2021 et 2022 par rapport aux projections de mars 2021 établies par les services de la BCE, en raison d’une évolution plus favorable de la sous-utilisation des capacités productives et des effets haussiers des cours des matières premières.

Projections de croissance et d’inflation dans la zone euro

(variations annuelles en pourcentage)

Notes : Le PIB en volume est calculé à partir de données corrigées des variations saisonnières et du nombre de jours ouvrés. Les données rétrospectives peuvent différer des dernières publications d’Eurostat en raison de données publiées après la date d’arrêté des projections.

Compte tenu de l’incertitude qui continue d’entourer l’évolution de la pandémie et l’ampleur des séquelles économiques, deux scénarios alternatifs ont de nouveau été élaborés : un scénario modéré, envisageant une sortie plus rapide de la crise sanitaire, et un scénario sévère, tablant sur une prolongation de la pandémie. Ces scénarios alternatifs sont présentés à la section 5.

1 Principales hypothèses sous-jacentes aux projections

Le scénario de référence des projections de juin 2021 repose sur l’hypothèse d’un assouplissement rapide des mesures de confinement et d’une sortie de la crise sanitaire d’ici début 2022. Ce scénario fait l’hypothèse que les campagnes de vaccination se dérouleront conformément à la stratégie de l’UE pour la distribution de vaccins[3]. Toutefois, certaines mesures resteraient maintenues jusque début 2022, pour plusieurs raisons : des contraintes de demande (liées par exemple à la volonté des populations de se faire vacciner), l’apparition de nouveaux variants de la COVID-19 en dehors de la zone euro et l’incertitude persistante quant à l’efficacité des vaccins contre ces variants. Les mesures de confinement du premier semestre 2021 ont été nettement plus strictes que prévu dans les projections de mars 2021, mais elles devraient revenir vers ces niveaux plus bas de contrainte d’ici la fin de l’année, sous réserve d’un assouplissement plus rapide des mesures au second semestre 2021. Des hypothèses moyennes similaires concernant l’évolution de la pandémie sont posées pour l’environnement international, bien qu’il existe des différences marquées d’un pays à l’autre. Des scénarios fondés sur d’autres hypothèses quant au cours de la pandémie et à l’ampleur des séquelles économiques sont présentés à la section 5.

D’importantes mesures de politique monétaire et budgétaire, dont le programme Next Generation EU (NGEU), contribueront à soutenir les revenus et la demande globale, à éviter les pertes d’emplois et les faillites à grande échelle et à contenir les interactions négatives entre l’économie réelle et le secteur financier. En plus des mesures de politique monétaire prises par la BCE jusqu’à la date d’arrêté de ces projections, des mesures discrétionnaires de relance budgétaire liées à la crise de la COVID-19 et à la reprise, parmi lesquelles les mesures financées par le programme NGEU, sont intégrées au scénario de référence et représentent environ 4½ % du PIB en 2021, 1½ % en 2022 et 1¼ % en 2023 (cf. section 3). Les garanties sur les prêts et les injections de capitaux fournies par les pouvoirs publics devraient encore contribuer à alléger les contraintes de liquidité. Par ailleurs, les politiques prudentielles et macroprudentielles ont dégagé davantage de fonds propres bancaires pour absorber des pertes et soutenir les flux de crédit vers l’économie réelle. Des coussins de fonds propres ont été libérés, des orientations ont été publiées pour réduire la constitution procyclique de provisions et des mesures ont été prises pour préserver la capacité d’absorption des pertes des banques. Il convient de noter que les mesures de politique monétaire, budgétaire et prudentielle devraient globalement permettre d’éviter de fortes interactions négatives entre les sphères réelle et financière de l’économie sur l’horizon de projection.

Encadré 1
Hypothèses techniques concernant les taux d’intérêt, les prix des matières premières et les taux de change

Par rapport aux projections de mars 2021, les hypothèses techniques actuelles comprennent des taux d’intérêt à long terme plus élevés, une forte augmentation des cours du pétrole et une légère appréciation du taux de change effectif de l’euro. Les hypothèses techniques concernant les taux d’intérêt et les prix des matières premières sont fondées sur les anticipations des marchés et arrêtées au 18 mai 2021. Les taux d’intérêt à court terme font référence à l’EURIBOR trois mois, les anticipations des marchés étant déduites des taux à terme. Sur la base de cette méthodologie, ces taux d’intérêt à court terme devraient s’élever, en moyenne, à -0,5 % en 2021 et 2022 et à -0,3% en 2023. Les anticipations des marchés relatives aux rendements nominaux des emprunts publics à dix ans dans la zone euro laissent entrevoir un niveau annuel moyen de 0,2 % en 2021, 0,5 % en 2022 et 0,7 % en 2023[4]. Par rapport aux projections de mars 2021, les anticipations des marchés en ce qui concerne les taux d’intérêt à court terme ont augmenté quelque peu pour 2023 tandis que, s’agissant des rendements nominaux des emprunts publics à dix ans dans la zone euro, elles sont remontées d’environ 20 à 40 points de base pour la période 2021-2023.

S’agissant des prix des matières premières, les projections tiennent compte de la trajectoire des marchés à terme en prenant la moyenne de la période de deux semaines qui se termine à la date d’arrêté du 18 mai 2021. Sur cette base, le prix du baril de pétrole brut Brent devrait passer de 42,3 dollars en 2020 à 65,8 dollars en 2021, avant de revenir à 61,9 dollars d’ici 2023. Par rapport aux projections de mars 2021, les cours du pétrole exprimés en dollars seraient donc plus élevés de 11 % en 2021 et de 15 % en 2023. Les prix exprimés en dollars des matières premières hors énergie devraient rebondir fortement en 2021 (de 20 points de pourcentage de plus qu’attendu dans les projections précédentes), puis se stabiliser en 2022 et diminuer en 2023.

Les taux de change bilatéraux devraient rester stables sur l’horizon de projection, aux niveaux moyens relevés pendant la période de deux semaines qui se termine à la date d’arrêté du 18 mai 2021. Cette hypothèse implique un taux de change moyen de l’euro vis-à-vis du dollar américain de 1,21 sur la période 2021-2023, soit un niveau inchangé par rapport aux hypothèses retenues dans les projections de mars 2021, tandis que l’hypothèse relative au taux de change effectif de l’euro suppose une appréciation de 0,7 % par rapport aux projections de mars 2021.

Hypothèses techniques

2 Économie réelle

Le PIB en volume s’est de nouveau contracté au premier trimestre 2021. Selon Eurostat, il a reculé de 0,3 % au cours des trois premiers mois de l’année[5]. L’ampleur de la baisse enregistrée est largement conforme aux anticipations du scénario de référence de mars 2021. Bien que des goulets d’étranglement soient apparus du côté de l’offre et que les mesures d’endiguement aient été plus strictes que prévu, les conséquences de ces mesures sur l’activité économique ont été compensées par des effets d’apprentissage, les agents économiques continuant à s’adapter à leur environnement. Globalement, au premier trimestre 2021, le PIB en volume était inférieur de 5,1 % à son niveau du dernier trimestre 2019.

Graphique 1

Croissance du PIB en volume de la zone euro

(variations trimestrielles en pourcentage ; données trimestrielles corrigées des variations saisonnières et du nombre de jours ouvrés)

Notes : Les données sont corrigées des variations saisonnières et du nombre de jours ouvrés. Les données rétrospectives peuvent différer des dernières publications d’Eurostat en raison de données publiées après la date d’arrêté des projections. Compte tenu de la volatilité sans précédent du PIB en volume au cours de l’année 2020, l’échelle est différente à partir de début 2020. La ligne verticale indique le début de l’horizon de projection. Ce graphique ne contient pas de fourchettes de projection. En effet, dans la situation actuelle, le calcul normal des fourchettes (à partir des erreurs de projections de très long terme) ne fournirait pas d’indication fiable de l’incertitude élevée qui entoure ces projections. Pour mieux tenir compte de cette incertitude, des scénarios alternatifs sont présentés à la section 5. Ils reposent sur des hypothèses différentes concernant l’évolution future de la pandémie de COVID-19, les mesures d’endiguement associées et l’ampleur des séquelles économiques.

Le PIB en volume devrait rebondir au deuxième trimestre 2021, en ligne avec l’amélioration notable des indicateurs de confiance (graphique 1). Si les mesures de confinement ont été prolongées et encore durcies dans de nombreux pays de la zone euro en avril, elles ont déjà été légèrement assouplies en mai, et cette tendance devrait se poursuivre en juin. Comme au cours des trimestres précédents, ces mesures semblent moins perturber les activités manufacturières (l’indice des directeurs d’achats pour le secteur manufacturier de la zone euro est ainsi passé à 63,1 en mai) et pèsent davantage sur l’activité dans le secteur des services. Des signes de reprise sont néanmoins perceptibles, l’indice des directeurs d’achats relatif à l’activité dans le secteur des services de la zone euro étant remonté à 55,2 en mai. Des mesures budgétaires ciblées appuieront également le rebond de l’activité. Dans l’ensemble, le PIB en volume devrait croître de 1,4 % au deuxième trimestre (contre 1,3 % dans les projections de mars 2021).

Avec l’assouplissement attendu des mesures de confinement, l’activité devrait fortement se redresser au cours du second semestre 2021. Le rebond attendu repose sur plusieurs hypothèses : un allégement rapide des mesures de confinement, une nouvelle diminution de l’incertitude, un regain de confiance provoqué par l’augmentation continue des taux de vaccination, des politiques budgétaires et monétaire accommodantes et l’assouvissement d’une partie de la demande non satisfaite. Bien que la reprise soit appuyée par un solide rebond de la demande extérieure, elle devrait être principalement portée par une reprise vigoureuse de la demande intérieure, en particulier au troisième trimestre, avec la réouverture progressive de l’ensemble des secteurs économiques. D’autres facteurs ayant freiné l’activité au premier semestre, notamment la pénurie de puces électroniques, qui aurait pesé sur les secteurs de l’automobile et de la technologie, devraient par ailleurs s’atténuer. En outre, le plan NGEU devrait stimuler l’investissement dans certains pays. Le PIB en volume devrait dépasser son niveau d’avant la crise au premier trimestre 2022 (un trimestre plus tôt que les projections de mars 2021 ne l’avaient anticipé). Au dernier trimestre 2022, il devrait être inférieur de 1,3 % au niveau ressortant des projections publiées avant le début de la pandémie (graphique 2)[6].

Graphique 2

PIB en volume de la zone euro

(volumes chaînés, 2019 T4 = 100)

Notes : Les données sont corrigées des variations saisonnières et du nombre de jours ouvrés. Les données rétrospectives peuvent différer des dernières publications d’Eurostat en raison de données publiées après la date d’arrêté des projections. La ligne verticale indique le début de l’horizon de projection de juin 2021.

Tableau 1

Projections macroéconomiques pour la zone euro

(variations annuelles en pourcentage)

Notes : Les projections relatives au PIB en volume et à ses composantes, aux coûts unitaires de main-d’œuvre, à la rémunération par tête et à la productivité du travail sont basées sur des données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrés. Les données rétrospectives peuvent différer des dernières publications d’Eurostat en raison de données publiées après la date d’arrêté des projections. Ce tableau ne contient pas de fourchettes autour des projections. En effet, dans la situation actuelle, le calcul normal des fourchettes (à partir des erreurs de projections de très long terme) ne fournirait pas d’indication fiable de l’incertitude élevée qui entoure ces projections. Par conséquent, pour mieux tenir compte de cette incertitude, des scénarios alternatifs sont présentés à la section 5, reposant sur des hypothèses différentes concernant l’évolution future de la pandémie de COVID-19, les mesures d’endiguement associées et l’ampleur des séquelles économiques.
1) Y compris les échanges commerciaux intra-zone euro.

2) Le sous-indice est basé sur des estimations de l’incidence réelle de la fiscalité indirecte. Il peut différer des données d’Eurostat, qui sont fondées sur une répercussion totale et immédiate des effets de la fiscalité indirecte sur l’IPCH.
3) Calculé comme le solde budgétaire, net des effets transitoires du cycle économique et des mesures considérées comme temporaires selon la définition du Système européen de banques centrales (SEBC).
4) L’orientation des politiques budgétaires est mesurée par la variation du solde primaire ajusté du cycle, déduction faite du soutien des pouvoirs publics au secteur financier. Les chiffres indiqués sont également ajustés pour tenir compte des subventions attendues du programme NGEU du côté des recettes.

La consommation privée serait le facteur déterminant de la reprise. En raison du resserrement et de la prolongation des mesures de confinement depuis l’automne 2020, la consommation privée a de nouveau fortement diminué au premier trimestre 2021, contribuant fortement au ralentissement de l’activité. La faiblesse à court terme des dépenses des ménages, en particulier pour les services entraînant de nombreux contacts, se traduit par un niveau de consommation inférieur à celui anticipé dans les projections de mars 2021 pour le premier semestre 2021. La consommation reste plus volatile que l’évolution du revenu réel disponible, qui est resté stable grâce aux mesures de soutien des pouvoirs publics, ce qui continue de se traduire par des variations importantes du taux d’épargne. La reprise de la consommation privée devrait se réamorcer au deuxième trimestre et accélérer fortement au deuxième semestre 2021, grâce à l’assouplissement progressif des mesures de confinement. Elle reviendrait à son niveau d’avant la crise au deuxième trimestre 2022. Ce regain s’accompagnerait également d’une diminution progressive de l’incertitude et d’une remontée du revenu disponible, malgré le tarissement des transferts budgétaires nets, en particulier en 2022. Même si la consommation privée devrait être le principal moteur de la reprise économique, le scénario de référence n’anticipe pas une contribution importante de l’expression de la demande jusqu’ici non satisfaite, étant donné qu’une grande partie de l’important stock d’épargne excédentaire accumulée devraient rester inutilisée (cf. encadré 2 ci-dessous).

Encadré 2
Dynamique du ratio d’épargne des ménages et implications pour les perspectives économiques de la zone euro

Le taux d’épargne des ménages a énormément varié depuis le début de la pandémie et se maintient à un niveau élevé, entraînant une accumulation d’excédents d’épargne. La pandémie de COVID-19 a conduit à une forte augmentation du taux d’épargne des ménages de la zone euro, qui est désormais supérieur au niveau qui prévalait avant la pandémie. Cette augmentation s’explique en grande partie par l’épargne forcée, les mesures de confinement ayant limité la consommation, en particulier dans les services nécessitant de nombreux contacts. En revanche, le revenu disponible a mieux résisté et s’est stabilisé grâce au soutien des pouvoirs publics. La progression du taux d’épargne a par ailleurs été amplifiée par des motifs de précaution, qui ont poussé les ménages à épargner davantage qu’en temps normal, compte tenu en particulier de l’extrême incertitude qui entoure leurs perspectives d’emploi et leurs revenus futurs. Étant donné que le ratio d’épargne est un concept de flux, tant que le flux d’épargne reste au-dessus de sa trajectoire d’avant la crise – pour laquelle les projections de décembre 2019 sont la référence – un stock d’épargne continue de s’accumuler au-delà des normes d’avant la crise[7].

Selon les projections de juin 2021, le ratio d’épargne devrait revenir à un niveau proche de celui d’avant la pandémie d’ici la mi-2022, compte tenu de l’atténuation des facteurs d’épargne forcée et d’épargne de précaution ; par la suite, ce ratio devrait se situer à un niveau légèrement inférieur à son niveau d’avant la pandémie. Cette évolution reflète une normalisation des flux d’épargne, faisant suite à la sortie réussie de la crise sanitaire et du fait de l’assouplissement des mesures de confinement, qui devraient prendre fin d’ici début 2022, ce qui serait également un facteur de confiance. Par rapport aux observations de très long terme, qui impliqueraient une baisse assez lente du taux d’épargne jusqu’à son retour à un niveau normal, la nature très différente de la pandémie, avec notamment l’adoption de mesures de confinement, devrait favoriser un retour à la normale relativement rapide, comme envisagé dans les projections de juin 2021. En outre, les projections ne tablent que sur une absorption modeste par la consommation du stock excédentaire d’épargne accumulé, comme l’indique l’anticipation d’un ratio d’épargne légèrement inférieur par rapport à la trajectoire projetée avant la pandémie, représentée dans le graphique ci-dessous.

Écart du taux d’épargne des ménages par rapport à la trajectoire attendue avant la pandémie de COVID-19

(écarts en points de pourcentage par rapport à la trajectoire anticipée dans les projections de décembre 2019 réalisées par les services de l’Eurosystème)

Sources : Simulations BCE-BASIR, projections établies par les services de l’Eurosystème et calculs de la BCE.
Note : Les deux lignes représentent l’écart du ratio d’épargne projeté par rapport aux projections macroéconomiques de décembre 2019, qui constituent la trajectoire de référence pour la période pré-pandémique. Les projections de décembre 2019 ont été étendues jusqu’en 2023 à l’aide des taux de croissance moyens du revenu disponible nominal et de la consommation privée à partir de 2022. S’agissant du modèle BCE-BASIR, les projections de juin 2021 sont appliquées jusqu’au premier trimestre 2021.

L’ajustement du stock d’épargne excédentaire accumulée sera la résultante de l’équilibre entre différentes forces opposées. D’une part, l’augmentation du taux d’épargne pendant les périodes de confinement a largement résulté d’une épargne involontaire, qui devrait diminuer et être partiellement utilisée à des fins de consommation dès que les mesures de confinement seront assouplies[8]. Cette tendance pourrait être favorisée par le fait que l’essentiel du surplus d’épargne semble avoir été conservé principalement sous la forme de dépôts bancaires, qui sont très liquides et pourraient donc être facilement utilisés dans une optique de consommation. À mesure que l’incertitude diminue, une partie de l’épargne de précaution pourrait également être dépensée. En revanche, une atténuation plus importante du stock d’épargne excédentaire à des fins de consommation semble peu probable du fait de la concentration de l’épargne au sein des ménages à hauts revenus, qui ont une plus faible propension marginale à dépenser par rapport à leur revenu ou à leur patrimoine que les ménages à faibles revenus[9],,[10]. En outre, une partie de l’augmentation associée à des motifs de précaution pourrait être difficile à résorber, car les ménages pourraient anticiper une hausse future de la fiscalité pour financer le vaste accroissement de la charge de la dette publique dû à la pandémie. Ces effets pourraient être plus fréquents dans les pays où la marge de manœuvre budgétaire est moindre, où l’endettement public est plus élevé et où le secteur des entreprises est plus vulnérable, ce qui est associé à des perspectives de revenus et d’emploi moins favorables. Au lieu de dépenser l’excédent d’épargne, les ménages pourraient aussi continuer à conserver leur épargne sous forme de dépôts, ou l’investir dans d’autres actifs, financiers ou non financiers (tels que l’immobilier), ou encore rembourser leur dette. Enfin, étant donné que la crise actuelle est principalement le fait de la baisse de la consommation de services, le potentiel de la demande latente pourrait être moins marqué, même si cela pourrait être contrebalancé dans une certaine mesure par une substitution en faveur d’une consommation de biens durables.

Dans l’ensemble, l’équilibre des facteurs semble indiquer des possibilités limitées de diminution du stock d’épargne excédentaire accumulée en faveur de la consommation une fois que les mesures de distanciation sociale auront été assouplies. Néanmoins, la rapidité et l’étendue de la normalisation supposée du taux d’épargne sont sujettes à une grande incertitude. Cette incertitude tient au fait qu’il n’y a pas de précédent historique en ce qui concerne le montant considérable de l’épargne accumulée et le changement potentiel des habitudes de consommation que cette crise pourrait engendrer. Un recoupement à l’aide du modèle BCE-BASIR[11], qui est en mesure de refléter les conditions actuelles puisqu’il saisit explicitement les mécanismes de rétroaction entre les évolutions pandémiques et macroéconomiques, suggère une réduction plus rapide du taux d’épargne à court terme. Toutefois, le modèle n’indique pas une forte réduction de l’excédent d’épargne, mais suggère plutôt que le niveau du taux d’épargne devrait rester au-dessus de la trajectoire d’avant la crise en 2022 et 2023 et ne converger vers le niveau de référence de la projection qu’à la fin de 2023.

L’investissement dans l’immobilier résidentiel devrait retrouver son niveau d’avant la pandémie dès le deuxième trimestre 2021. L’investissement dans l’immobilier résidentiel a augmenté modérément au premier trimestre 2021 et s’est maintenu juste au-dessous de son niveau d’avant la pandémie. Au cours des prochains trimestres, cet investissement serait favorisé par une hausse des prix de l’immobilier résidentiel supérieure aux coûts du logement, qui induirait des effets positifs sur le Q de Tobin, et par un rebond du revenu disponible et de la confiance des consommateurs. En outre, une partie de l’épargne excédentaire accumulée devrait être utilisée pour investir dans le logement. Après un départ dynamique, on s’attend à ce que l’investissement en logements continue de se redresser fortement tout au long de l’année 2021, avant de revenir progressivement à des taux de croissance plus modérés sur le reste de l’horizon de projection.

Les investissements des entreprises devraient bien résister et se redresser sensiblement en 2021, pour revenir à leur niveau d’avant la crise d’ici la fin de l’année. Ces investissements sont repartis nettement à la hausse au second semestre 2020, surmontant partiellement leur faiblesse du premier semestre. La dynamique devrait avoir été quelque peu ralentie au cours du premier semestre 2021, compte tenu de la faiblesse de l’activité globale et des capacités inutilisées. Un rebond plus solide devrait se développer au second semestre 2021, à mesure que la demande mondiale et intérieure se redresse et que la croissance des bénéfices s’améliore, également grâce à des conditions de financement favorables et aux effets positifs du programme NGEU sur l’investissement des entreprises. Toutefois, la hausse de l’endettement brut des sociétés non financières survenue pendant la pandémie limiterait la croissance de l’investissement des entreprises sur l’horizon de projection, malgré une forte liquidité, dans la mesure où elles ont besoin d’assainir leurs bilans.

Encadré 3
L’environnement international

L’activité économique mondiale a poursuivi sa reprise depuis le début de l’année, malgré l’intensification de la pandémie. Alors que la croissance du PIB  en volume mondial (hors zone euro) au quatrième trimestre 2020 s’est révélée légèrement plus forte qu’anticipé dans les projections de mars 2021, l’économie mondiale a démarré l’année dans un contexte moins porteur, car une recrudescence des infections a conduit les gouvernements des économies avancées à renforcer les mesures de confinement au début de l’année. La pandémie s’est encore plus considérablement intensifiée dans les économies de marché émergentes. En revanche, le rythme rapide de la vaccination au Royaume-Uni et aux États-Unis a contribué à faire baisser le nombre des décès liés à la COVID-19 dans ces pays, ouvrant la voie à un nouvel assouplissement des mesures de confinement. Les données d’enquêtes pour avril ont montré que la reprise s’accélérait nettement dans les économies avancées, la production dans le secteur des services dépassant la solide expansion du secteur manufacturier. Cela indique que la reprise se généralise et qu’elle devient donc plus robuste.

La relance budgétaire de grande ampleur approuvée par l’administration Biden, qui n’était pas incluse dans les projections de mars 2021, stimulera la reprise déjà en cours aux États-Unis, avec des retombées positives pour l’économie mondiale. Le plan de sauvetage américain portant au total sur 1 900 milliards de dollars (8,9 % du PIB) comprend un nouvel allongement de la durée d’indemnisation du chômage, un versement unique supplémentaire aux ménages et une augmentation des dépenses au niveau des États fédérés et des collectivités locales pour financer les efforts de santé publique et l’éducation. Les mesures de soutien du revenu devraient stimuler la consommation privée au cours des prochains trimestres. Entre-temps, l’administration Biden a annoncé deux autres plans, qui sont également inclus dans les projections, bien que leur incidence sur l’activité économique soit plus limitée que celle du plan de sauvetage.

Malgré la révision à la hausse pour les États-Unis, les perspectives de croissance de l’économie mondiale n’ont guère évolué par rapport aux projections de mars 2021, tandis que les projections relatives au commerce mondial se sont quelque peu améliorées. La croissance du PIB mondial (hors zone euro) devrait être de 6,2 % cette année, avant de ralentir à 4,2 % et 3,7 % en 2022 et 2023. Cette évolution s’explique par l’interaction de plusieurs facteurs, notamment l’aggravation de la pandémie dans les économies avancées au début de l’année et dans les économies de marché émergentes plus récemment[12], ainsi que les effets macroéconomiques de la relance budgétaire massive aux États-Unis et l’amélioration des perspectives dans d’autres économies avancées en raison du déploiement rapide des vaccins. Alors que, fin 2020, l’activité mondiale avait dépassé son niveau d’avant la pandémie, sur l’horizon de projection, elle devrait rester en deçà de la trajectoire anticipée dans les projections de décembre 2019.

L’amélioration des perspectives pour les principaux partenaires commerciaux a entraîné une augmentation plus forte de la demande extérieure adressée à la zone euro, qui devrait augmenter de 8,6 % cette année et de 5,2 % et 3,4 % au cours de la période 2022-2023, ce qui représente une amélioration pour ces trois années par rapport aux projections de mars 2021. Ces révisions reflètent surtout une demande supérieure à celle qui était anticipée dans les précédentes projections concernant les États-Unis et le Royaume-Uni.

La reprise mondiale attendue après la crise sanitaire demeure inégale. Dans les économies avancées n’appartenant pas à la zone euro, la reprise devrait se poursuivre avec la même intensité et l’activité renouerait, au cours de l’année prochaine, avec la trajectoire projetée avant la pandémie, en grande partie sous l’effet du redressement de l’économie américaine. En Chine, premier pays touché par la pandémie, mais dont la reprise a été la plus rapide grâce à un solide soutien des politiques publiques, le PIB en volume avait retrouvé sa trajectoire d’avant la crise à la fin de l’année dernière. En revanche, sur d’autres marchés émergents, la reprise devrait être atone. L’augmentation récente du nombre d’infections et d’éventuels retards dans le déploiement de la campagne de vaccination pourraient accentuer encore cette divergence.

L’environnement international

(variations annuelles en pourcentage)

1) Calculé comme la moyenne pondérée des importations.
2) Calculée comme la moyenne pondérée des importations des partenaires commerciaux de la zone euro.

Une contribution positive importante des exportations nettes est attendue en 2021, grâce à une forte croissance des exportations, tandis que l’accélération des importations devrait entraîner une contribution globalement neutre par la suite. Jusqu’à présent, en 2021, la dynamique de la pandémie a pesé sur les conditions de la demande intérieure, freinant les importations, qui devraient moins progresser que les exportations cette année. Au premier trimestre 2021, les échanges commerciaux de la zone euro ont été bridés par l’incertitude entourant la persistance de difficultés temporaires liées aux futures relations commerciales avec le Royaume-Uni, aux goulets d’étranglement dans le secteur mondial de la logistique et aux tensions sur l’offre, en particulier dans l’industrie des semi-conducteurs. L’écart positif entre les échanges de produits manufacturés et les échanges de services devrait se réduire au cours de l’année et les premiers indicateurs laissent entrevoir une reprise progressive des services de voyage au deuxième trimestre. Le redressement des parts de marché à l’exportation devrait être achevé fin 2022, avant une stabilisation à moyen terme autour des niveaux d’avant la pandémie, même si une certaine atonie persisterait dans les pays les plus tributaires des exportations de voyages. Enfin, la croissance des importations serait plus forte que la demande intérieure ne le laisse prévoir. Cette évolution serait imputable au contenu élevé en importations des exportations et à la vigueur des importations de services liés au tourisme dans certains pays du nord de la zone euro.

Le taux de chômage resterait globalement inchangé en 2021, avant de revenir à son niveau d’avant la crise d’ici fin 2023. Au premier trimestre 2021, une contraction de la croissance de l’emploi liée au prolongement des mesures de confinement et au repli de l’activité qui en a résulté a entraîné une hausse du chômage. Une grande partie des travailleurs participant à des dispositifs de maintien de l’emploi devraient retrouver un emploi régulier, bénéficiant ainsi de la forte reprise post-pandémie. Aussi, le taux de chômage resterait assez stable jusque fin 2021, avant de reculer progressivement au cours des deux prochaines années et de revenir à 7,3 % d’ici fin 2023.

La productivité du travail par personne employée devrait se redresser à partir du second trimestre 2021. La productivité du travail par personne occupée a de nouveau diminué au premier trimestre 2021, en raison du durcissement des mesures de confinement et du recours à des dispositifs de maintien de l’emploi qui en a résulté. Elle devrait repartir à la hausse au deuxième trimestre 2021, culminer au troisième trimestre, puis ralentir peu à peu.

En comparaison avec les projections de mars 2021, la croissance du PIB en volume a été révisée à la hausse pour 2021 et 2022. La croissance projetée au second semestre 2021 a été revue à la hausse, notamment concernant le troisième trimestre. Cette révision reflète l’anticipation d’un assouplissement plus rapide des mesures de confinement - lié à l’accélération des campagnes de vaccination -, les mesures supplémentaires de soutien budgétaire et la réévaluation de l’incidence du déblocage de la demande intérieure non satisfaite sur la réouverture des secteurs économiques. Ces évolutions expliquent la plupart des révisions de la croissance annuelle pour 2021, et pour 2022 en particulier, qui, dans ce dernier cas, sont entièrement dues à des effets de report. L’incidence des hypothèses est globalement neutre, car les répercussions positives sur la croissance, étayées par l’anticipation d’un renforcement de la demande extérieure, sont largement compensées par les effets négatifs exercés au-delà de l’année en cours par la hausse des prix du pétrole et par la suppression des mesures supplémentaires de soutien budgétaire, quoique temporaires.

3 Perspectives budgétaires

La politique budgétaire continuerait d’atténuer l’incidence macroéconomique de la pandémie de COVID-19 en 2021 et d’appuyer la reprise. Les décisions exceptionnelles de relance budgétaire prises face à la pandémie auraient atteint un peu plus de 4 % du PIB en 2020. Les restrictions liées au confinement s’étant poursuivies en 2021, les gouvernements ont prolongé les mesures d’urgence, les ont progressivement renforcées ou ont adopté de nouvelles mesures de soutien. Les interventions discrétionnaires de relance budgétaire en lien avec la crise s’élèveraient à près de 4½ % du PIB pour 2021 (soit environ 1¼ point de pourcentage de plus que dans les projections de mars 2021). La plupart des mesures supplémentaires sont provisoires et devraient être retirées en 2022. Certaines ont été prolongées et, conjointement avec d’autres actions de relance, dont les dépenses liées aux fonds du programme NGEU[13], devraient inclure un effet de relance annuel de quelque 1½ % du PIB en 2022 et 1¼ % en 2023. L’essentiel des aides d’urgence fournies en 2021 est constitué de dépenses supplémentaires sous la forme de subventions et de transferts aux entreprises, y compris dans le cadre de dispositifs de maintien de l’emploi. Les mesures dites « de consommation publique » reflètent principalement des dépenses de santé plus élevées liées aux campagnes de vaccination, notamment sous forme de salaires. Sur le plan des recettes, les mesures consistent en des réductions de la fiscalité directe et indirecte[14]. Après avoir été limités en 2020, les investissements publics additionnels représenteront une part plus importante des programmes de relance à compter de 2021, principalement grâce aux mesures attendues qui seront financées au titre du programme NGEU. Compte tenu de l’incidence, sur les recettes, des subventions octroyées au titre des fonds NGEU, soit environ 0,6 % du PIB par an, l’orientation budgétaire[15] devrait être expansionniste en 2021, se resserrer en 2022 et demeurer globalement neutre en 2023.

Le déficit budgétaire de la zone euro devrait diminuer légèrement en 2021 et plus sensiblement à partir de 2022, tandis que la dette de la zone euro culminerait en 2021.[16] Le léger recul du déficit budgétaire en 2021 refléterait la composante conjoncturelle un peu plus favorable et la baisse des paiements d’intérêts, qui feraient plus que compenser les mesures de relance supplémentaires non couvertes par les subventions des fonds NGEU du côté des recettes. L’amélioration notable du solde budgétaire en 2022 tiendrait principalement au retrait de la plupart des mesures de relance d’urgence liées à la crise et à un redressement bien plus marqué de la composante conjoncturelle. Le solde budgétaire agrégé devrait se rétablir davantage encore en 2023, pour se situer à -2,6 % du PIB, sous l’effet d’une orientation budgétaire globalement neutre et de conditions conjoncturelles plus porteuses. Les paiements d’intérêts devraient continuer de reculer sur l’horizon de projection et revenir à 1,1 % du PIB en 2023. La dette de la zone euro devrait culminer à 99 % du PIB en 2021 et diminuer légèrement par la suite. La réduction sur la période 2022-2023 serait principalement imputable aux écarts favorables entre taux d’intérêt et taux de croissance, qui compenseraient largement les déficits primaires persistants, quoique décroissants. Par rapport aux projections de mars 2021, le déficit budgétaire et la dette de la zone euro ont été revus à la hausse, en particulier pour 2021, en raison des mesures de relance supplémentaires. La révision plus importante de la dette publique en 2021 s’explique par des effets de base par rapport à 2020, dus à un ajustement dette-déficit plus élevé que prévu. Cet ajustement traduit notamment la réaffectation d’une partie des aides apportées au secteur privé dans les comptes publics de certains pays.

4 Prix et coûts

La hausse de l’IPCH devrait nettement s’accélérer au cours de l’année 2021, pour ralentir début 2022 et rester globalement stable sur le reste de l’horizon de projection (graphique 3). L’inflation globale devrait s’établir à 1,9 % en moyenne en 2021, atteignant un pic de 2,6 % au quatrième trimestre, avant de revenir à des taux de 1,5 % et 1,4 % en 2022 et 2023, respectivement. La poussée de l’inflation en 2021 refléterait les effets à la hausse de facteurs temporaires comme le retrait de la réduction du taux de TVA en Allemagne, le rebond des prix de l’énergie dans un contexte de forts effets de base et l’augmentation des consommations intermédiaires liée aux ruptures d’approvisionnement. Les variations des pondérations impliquent une certaine volatilité du profil de l’inflation en 2021 mais, en moyenne sur l’année, elles ne devraient avoir qu’une faible incidence à la baisse sur l’inflation mesurée par l’IPCH. Alors que ces facteurs temporaires s’estomperaient début 2022, des évolutions divergentes, sur l’horizon de projection, selon les principales composantes de l’IPCH, devraient se traduire par un profil globalement stable de la hausse de l’IPCH, qui s’accélérerait légèrement courant 2023. La reprise économique anticipée et les réductions de la sous-utilisation des capacités productives devraient entraîner une accélération progressive de la hausse de l’IPCH hors énergie et produits alimentaires, de 1,1 % en 2021 à 1,4 % en 2023. Les tensions haussières sur les prix découlant de l’augmentation de la demande, bien que demeurant globalement modérées, devraient compenser, sur l’horizon de projection, l’atténuation des pressions provenant, du côté de l’offre, des effets défavorables associés à la pandémie et aux mesures de confinement. Les tensions accrues sur les coûts intérieurs devraient constituer le principal moteur des évolutions sous-jacentes plus marquées des prix à la consommation, tandis que les variations des tensions d’origine externe sur les prix devraient se modérer sur l’horizon. La composante produits alimentaires de l’IPCH devrait également augmenter quelque peu sur l’horizon de projection. Les pressions haussières modérément renforcées exercées par ces deux composantes de l’IPCH sur l’inflation globale seraient largement contrebalancées en 2022 et 2023 par les ralentissements attendus de la hausse de la composante énergie de l’IPCH liés à la trajectoire baissière de la courbe des contrats à terme sur le pétrole.

Les coûts unitaires de main-d’œuvre devraient contribuer à l’accentuation des tensions d’origine interne sur les coûts au cours de l’horizon de projection. Après avoir enregistré de fortes hausses en 2020 du fait de la chute soudaine de la productivité du travail, les coûts unitaires de main-d’œuvre devraient diminuer sous l’effet du rebond de la productivité du travail en 2021, mais se redresser et augmenter progressivement d’ici 2023. Si les fortes fluctuations de la productivité du travail dominent l’évolution des coûts unitaires de main-d’œuvre au cours de la période de crise, la croissance de la rémunération par tête a également été marquée par d’importantes variations dues à l’incidence des dispositifs de maintien de l’emploi. Ces dispositifs ont permis de sauvegarder l’emploi mais les salariés qui y participent subissent des réductions de salaire. Cette situation a poussé le taux de croissance annuel de la rémunération par tête à la baisse en 2020 mais devrait provoquer un rebond en 2021. Au fur et à mesure du redressement progressif des marchés du travail sur l’horizon de projection et de la dissipation des effets de ces dispositifs, les évolutions de la rémunération par tête devraient se normaliser, e atteindre une croissance annuelle de 2,4 % en 2023.

Les marges bénéficiaires amortiraient dans une large mesure les variations des coûts salariaux unitaires. En 2020, les marges bénéficiaires ont diminué conformément à leur nature procyclique tout en résistant bien plus que le recul de l’activité ne l’aurait normalement justifié, car elles ont été stabilisées par les dispositifs de maintien de l’emploi. Durant les premiers stades d’une récession, les entreprises de la zone euro s’efforcent généralement de retenir leurs salariés, même si c’est au prix d’une réduction de leurs marges bénéficiaires. Cette pression à la baisse sur les marges bénéficiaires a été allégée par les dispositifs publics de soutien aux salaires. Globalement, les marges bénéficiaires devraient amortir l’évolution des coûts salariaux unitaires et avoir une incidence légèrement positive sur les pressions inflationnistes en 2023.

Graphique 3

IPCH de la zone euro

(variations annuelles en pourcentage)

Notes : La ligne verticale indique le début de l’horizon de projection. Ce graphique ne contient pas de fourchettes de projection. En effet, dans la situation actuelle, le calcul normal des fourchettes (à partir des erreurs de projections de très long terme) ne fournirait pas d’indication fiable de l’incertitude élevée qui entoure ces projections. Pour mieux tenir compte de cette incertitude, des scénarios alternatifs sont présentés à la section 5. Ils reposent sur des hypothèses différentes concernant l’évolution future de la pandémie de COVID-19, les mesures de confinement associées et l’ampleur des séquelles économiques.

La dynamique des prix à l’importation devrait être nettement influencée par les évolutions des cours du pétrole et des matières premières hors énergie et traduire des tensions modérées d’origine externe sur les prix vers la fin de l’horizon de projection. Après avoir fortement baissé en 2020, lees prix à l’importation devraient augmenter sensiblement en 2021, principalement en raison des hausses des cours du pétrole et des matières premières hors énergie mais aussi des augmentations des consommations intermédiaires liées aux pénuries d’offre, avant de diminuer de façon notable jusqu’en 2023. En dehors de la baisse des prix du pétrole et des matières premières hors énergie, la dynamique mondiale des prix devrait, d’une manière générale, rester mesurée sur l’horizon de projection et contribuer à la modération des perspectives relatives aux tensions d’origine externe sur les prix.

Par rapport aux projections de mars 2021, les perspectives de progression de l’IPCH ont été révisées à la hausse de 0,4 point de pourcentage pour 2021 et de 0,3 point de pourcentage pour 2022, et sont inchangées pour 2023. L’ensemble des trois principales composantes de l’IPCH contribuent aux révisions à la hausse de l’inflation globale sur les deux premières années de l’horizon de projection. La progression de l’IPCH hors énergie et produits alimentaires a été révisée à la hausse sur la totalité de l’horizon du fait d’évolutions des mesures de la sous-utilisation des capacités productives plus favorables qu’envisagé dans les projections de mars 2021 ainsi que de certains effets haussiers découlant de l’intensification des tensions et hypothèses inflationnistes mondiales, exercés en particulier par les prix du pétrole. Ces hypothèses relatives aux cours du pétrole tiennent également compte des récentes bonnes surprises en ce qui concerne la composante énergie de l’IPCH, et de sa révision haussière perceptible, notamment pour les deux premières années de l’horizon de projection. Dans le même temps, une surprise légèrement positive, probablement liée à des effets temporaires des conditions météorologiques, ainsi que les évolutions plus fortes qu’initialement prévu des prix des matières premières alimentaires expliquent les perspectives quelque peu plus élevées de la composante produits alimentaires de l’IPCH par rapport aux projections de mars 2021.

Encadré 4
Prévisions des autres institutions

Des prévisions établies pour la zone euro ont été publiées par des organisations internationales et des institutions du secteur privé. Elles ne sont toutefois strictement comparables ni entre elles, ni avec les projections macroéconomiques des services de l’Eurosystème, dans la mesure où elles ont été finalisées à des dates distinctes. Elles reposent aussi probablement sur des hypothèses divergentes quant à l’évolution future de la pandémie de COVID-19. En outre, elles s’appuient sur des méthodes différentes pour le calcul des hypothèses relatives aux variables budgétaires, financières et externes, y compris les prix du pétrole et des autres produits de base. Enfin, les méthodes d’ajustement en fonction du nombre de jours ouvrés varient également selon les prévisions (cf. tableau ci-dessous).

Comparaison des prévisions récentes relatives à la croissance du PIB en volume et à la progression de l’IPCH dans la zone euro

(variations annuelles en pourcentage)

Sources : Perspectives économiques de l’OCDE, no 109, mai 2021 ; MJEconomics pour le baromètre de la zone euro, 20 mai 2021, les données relatives à 2023 provenant du baromètre d’avril 2021 ; Consensus économique, 13 mai 2021, les données relatives à 2023 provenant de l’enquête d’avril 2021 ; Prévisions économiques de la Commission européenne (printemps 2021) ; enquête menée par la BCE auprès des prévisionnistes professionnels pour le second trimestre 2021, conduite entre le 31 mars et le 12 avril 2021 ; FMI, Perspectives de l’économie mondiale, 6 avril 2021.
1) Les projections macroéconomiques des services de l’Eurosystème indiquent des taux de croissance annuels corrigés du nombre de jours ouvrés, alors que la Commission européenne et le FMI annoncent des taux de croissance annuels non corrigés. Les autres prévisions ne précisent pas sur quelle base elles sont fondées en la matière. Les données rétrospectives peuvent différer des dernières publications d’Eurostat en raison de données publiées après la date d’arrêté des projections. Ce tableau ne contient pas de fourchettes autour des projections. En effet, dans la situation actuelle, le calcul normal des fourchettes (à partir des erreurs de projections de très long terme) ne fournirait pas d’indication fiable de l’incertitude élevée qui entoure ces projections. Pour mieux tenir compte de cette incertitude, des scénarios alternatifs sont présentés à la section 5. Ils reposent sur des hypothèses différentes concernant l’évolution future de la pandémie de COVID-19 et les mesures d’endiguement associées.

Les projections de juin 2021 sont plus optimistes que les autres prévisions de croissance et d’inflation établies pour 2021 et 2022 et sont globalement conformes à celles-ci pour 2023. En fonction des autres institutions et prévisionnistes du secteur privé, la variation du PIB en volume en 2022 par rapport à 2019 oscille entre 1,2 % dans les projections du FMI et 1,7 % dans celles de la Commission européenne, tandis que les projections de juin 2021 des services de l’Eurosystème sont, avec 2,1 %, nettement supérieures à cette fourchette. En ce qui concerne l’inflation, les projections de juin sont plus élevées pour 2021 et 2022, principalement en raison de l’anticipation d’une hausse des prix plus forte des composantes les plus volatiles alors que, pour 2023, elles devraient être analogues aux projections du FMI et légèrement inférieures aux autres prévisions.

5 Scénarios alternatifs pour les perspectives économiques de la zone euro

Au vu de la persistance d’importantes incertitudes quant à l’évolution future de la pandémie de COVID-19 et à ses répercussions économiques, deux scénarios, présentant des situations alternatives aux projections de référence de juin 2021 établies par les services de l’Eurosystème, illustrent un éventail d’effets plausibles de la pandémie COVID-19 sur l’économie de la zone euro.

Le scénario modéré table sur une résolution de la crise sanitaire d’ici fin 2021 et sur des pertes économiques uniquement temporaires, alors que le scénario sévère suppose un prolongement de la crise sanitaire et des pertes permanentes de production potentielle. Par rapport au scénario de référence, le scénario modéré prévoit un déploiement plus rapide des vaccins, un degré plus élevé d’acceptation par le public et une plus grande efficacité des vaccins, y compris face aux nouveaux variants du virus. Une telle évolution permettrait un assouplissement plus rapide des mesures de confinement et leur suppression progressive d’ici la fin 2021[17]. Des mesures plus efficaces de la part des autorités et des agents économiques limiteraient davantage encore les coûts économiques dus aux confinements, ce qui entraînerait des effets de confiance plus positifs et une reprise plus rapide qu’attendu des voyages et du tourisme. Le scénario sévère, quant à lui, prévoit une possible résurgence de la pandémie dans les mois à venir avec l’apparition de variants plus contagieux du virus, qui provoqueraient également une perte d’efficacité des vaccins et le maintien de certaines mesures de confinement jusqu’à la mi-2023, freinant ainsi l’activité[18]. Par rapport au scénario de référence, le scénario sévère anticipe des séquelles économiques plus prononcées, amplifiées par une multiplication des faillites et la détérioration de la solvabilité des emprunteurs, et ayant une incidence néfaste sur les pertes attendues et les exigences de fonds propres des banques et, par conséquent, sur l’offre de crédit au secteur privé. Cela étant, même dans le scénario sévère, les politiques monétaire, budgétaires et prudentielle auraient des effets d’amplification financière très défavorables. Des hypothèses largement similaires sous-tendent les scénarios élaborés pour l’économie mondiale, la demande extérieure adressée à la zone euro fin 2023 se situant environ 12 % au-dessus de son niveau d’avant la crise dans le scénario modéré, et approximativement 2 % au-dessus de ce niveau dans le scénario sévère, contre 9 % dans le scénario de référence.

Tableau 2

Scénarios macroéconomiques alternatifs pour la zone euro

(variations annuelles en pourcentage ; pourcentage de la population active)

Notes : Les données rétrospectives peuvent différer des dernières publications d’Eurostat en raison de données publiées après la date d’arrêté des projections.

Le PIB en volume rebondirait fortement dans le scénario modéré, retrouvant son niveau d’avant la crise dès le troisième trimestre 2021, alors qu’il n’atteindrait ce niveau que fin 2023 dans le scénario sévère (cf. graphique 4). Le scénario modéré suggère un rebond notablement plus marqué aux deuxième et troisième trimestres 2021 (de 2,5 % et 4,1 % respectivement)[19] et un nouveau renforcement de l’activité économique sur les derniers mois de l’année, grâce à l’hypothèse d’un déploiement rapide des vaccins et à ses effets supplémentaires sur la confiance. En conséquence, l’activité économique retrouverait son niveau d’avant la pandémie dès le troisième trimestre 2021 et s’établirait d’ici la mi-2022 au-dessus de la trajectoire envisagée dans les projections de décembre 2019, avant la crise. Dans le scénario sévère, l’activité économique enregistrerait une croissance plus contenue aux deuxième et troisième trimestres (de 0,6 % et 1,3 % respectivement), avant de poursuivre sa reprise modérée par la suite. La croissance économique resterait atone jusque début 2022, en raison d’un assouplissement uniquement progressif des mesures de confinement, qui serait aggravé par la faiblesse des effets d’apprentissage à l’avenir, les incertitudes persistantes et les mécanismes d’amplification financière, que les mesures de soutien publiques n’atténueraient que partiellement. Dans le scénario sévère, la croissance ressortirait légèrement au-dessus du scénario de référence à compter du second semestre 2022, sous l’effet d’un potentiel de rattrapage plus important et d’une adaptation réussie au nouvel environnement. Cela permettrait de compenser, d’ici la fin de l’horizon de projection, toutes les pertes de PIB en volume par rapport au niveau d’avant la crise.

Graphique 4

Scénarios alternatifs relatifs au PIB en volume et à la hausse de l’IPCH dans la zone euro

(volumes chaînés, 2019 T4 = 100 (cadre de gauche) ; variation annuelle en pourcentage (cadre de droite))

Note : Les données relatives au PIB en volume sont corrigées des variations saisonnières et du nombre de jours ouvrés. La ligne verticale indique le début de l’horizon de projection. Les données rétrospectives peuvent différer des dernières publications d’Eurostat en raison de données publiées après la date d’arrêté des projections.

La hausse de l’IPCH devrait rebondir à court terme dans les deux scénarios et varierait davantage par la suite en raison d’équilibres différents entre l’offre et la demande. Cette évolution s’explique par le fait que les principaux moteurs de la poussée de l’inflation à court terme dans le scénario de référence (à savoir les hypothèses relatives aux cours du pétrole, les effets de base dus à la composante énergie, les goulets d’étranglement au niveau de l’offre et l’incidence du retrait de la baisse temporaire de la TVA en Allemagne) s’appliquent de la même façon dans les scénarios alternatifs. À moyen terme, la sous-utilisation des capacités productives serait plus prononcée dans le scénario sévère que dans le scénario modéré. Dès lors, en 2023, l’inflation s’établirait à 1,7 % dans le scénario modéré, contre 1,1 % dans le scénario sévère.

Les marchés du travail se redresseraient rapidement dans le scénario modéré, grâce aux politiques mises en œuvre qui devraient parvenir, dans une large mesure, à prévenir les effets d’hystérèse, qui ne seraient que partiellement contenus dans le scénario sévère. Dans le scénario modéré, le taux de chômage atteindrait un pic en 2021, puis reviendrait à son niveau d’avant la crise d’ici mi-2022. Dans le scénario sévère, en revanche, le taux de chômage ne retrouverait pas ce niveau sur l’horizon de projection et demeurerait nettement plus élevé, traduisant des besoins accrus de réaffectation entre secteurs. Cela met en évidence les risques à la hausse du chômage liés à d’éventuelles faillites et aux vulnérabilités des entreprises ainsi qu’aux potentiels effets d’hystérèse.

Encadré 5
Analyse de sensibilité

Les projections se fondent largement sur des hypothèses techniques relatives à l’évolution de variables-clés déterminées. Certaines de ces variables pouvant avoir une forte incidence sur les projections concernant la zone euro, l’examen de leur sensibilité à d’autres trajectoires de ces hypothèses sous-jacentes peut permettre d’analyser les risques inhérents aux projections.

Cette analyse de sensibilité vise à évaluer les effets qu’auraient des trajectoires différentes des prix du pétrole. Les hypothèses techniques relatives à l’évolution des prix du pétrole sous-tendant le scénario de référence, fondées sur les contrats à terme, tablent sur une tendance nettement baissière, soit un recul du prix du baril de pétrole brut Brent d’environ 5,9 % sur l’horizon de projection. Deux trajectoires différentes des prix du pétrole sont analysées. La première repose sur le 25e centile de la distribution fournie, le 18 mai 2021 (date d’arrêté des hypothèses techniques), par les densités implicites dans les options sur le pétrole. Elle laisse entrevoir une baisse progressive du prix du pétrole, jusqu’à 44,7 dollars le baril en 2023, soit 27,8 % en deçà de l’hypothèse du scénario de référence pour cette année-là. Cette trajectoire, qui utilise la moyenne des résultats des différents modèles macroéconomiques, aurait un faible effet accélérateur sur la croissance du PIB en volume (environ 0,1 point de pourcentage en 2022 et 2023), tandis que la progression de l’IPCH serait inférieure de 0,2 point de pourcentage en 2021, de 0,6 point de pourcentage en 2022 et de 0,3 point de pourcentage en 2023. La deuxième trajectoire est fondée sur le 75e centile de la même distribution et fait apparaître une augmentation du prix du pétrole jusqu’à 80,4 dollars le baril en 2023, soit 29,8 % au-dessus de l’hypothèse de référence pour cette année-là. Cette trajectoire entraînerait une progression de l’IPCH supérieure de 0,1 point de pourcentage en 2021, de 0,5 point de pourcentage en 2022 et de 0,4 point de pourcentage en 2023, tandis que la croissance du PIB en volume ralentirait quelque peu (de 0,1 point de pourcentage en 2022 et en 2023).

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Veuillez consulter le glossaire de la BCE (uniquement disponible en anglais) pour toute question terminologique.

HTML ISSN 2529-4709, QB-CF-21-001-FR-Q

  1. La date d’arrêté des hypothèses techniques, concernant notamment les cours du pétrole et les taux de change, est le 18 mai 2021 (cf. encadré 1). Les projections macroéconomiques pour la zone euro ont été finalisées le 26 mai 2021. Le présent exercice de projection macroéconomique couvre la période 2021-2023. Il convient de tenir compte, dans l’interprétation de projections sur un horizon aussi long, de la très grande incertitude qui les accompagne. Voir l’article intitulé « Une évaluation des projections macroéconomiques établies par les services de l’Eurosystème » dans le Bulletin mensuel de la BCE de mai 2013. Vous pouvez accéder aux données utilisées pour établir certains tableaux et graphiques en cliquant sur le lien suivant : http://www.ecb.europa.eu/pub/projections/html/index.en.html.
  2. Cf. « Projections macroéconomiques établies par les services de l’Eurosystème pour la zone euro », décembre 2019 https://www.ecb.europa.eu/pub/projections/html/ecb.projections201912_eurosystemstaff~c7a91336cb.fr.html, pour la période 2019-2022.
  3. La stratégie de l’UE concernant les vaccins enjoint les États membres à accélérer le déploiement des campagnes de vaccination. Ils devraient ainsi, à la fin de l’été 2021, « avoir vacciné au moins 70 % de la population adulte totale », soit environ 55 à 60 % de la population totale. Cette stratégie est globalement cohérente avec les commandes de vaccins actuellement confirmées.
  4. L’hypothèse relative aux rendements nominaux des emprunts publics à dix ans dans la zone euro repose sur la moyenne des rendements des obligations de référence à dix ans, pondérée par les chiffres annuels du PIB et complétée par l’évolution anticipée déterminée à partir de la courbe des taux des emprunts à dix ans dans la zone euro de la BCE, à leur valeur nominale, pour l’ensemble des titres, l’écart initial entre les deux séries étant maintenu à un niveau constant sur l’horizon de projection. Les écarts de rendement entre les emprunts publics des différents pays et la moyenne correspondante de la zone euro sont supposés constants sur l’horizon de projection.
  5. Ce chiffre a été revu à la hausse par rapport à l’estimation rapide d’Eurostat, de -0,6 %, publiée initialement et incluse dans les projections économiques établies par les services de l’Eurosystème présentées dans les graphiques 1 et 2.
  6. Cf. note de bas de page n 2.
  7. Les flux d’épargne toujours élevés durant la pandémie de COVID-19 ont entraîné l’accumulation d’un important stock d’épargne excédentaire, estimé à 540 milliards d’euros au premier trimestre 2021, soit 7,4 % du revenu disponible annuel de 2019. La crise sanitaire n’étant pas encore terminée, on peut s’attendre à une poursuite de l’accumulation d’une épargne excédentaire.
  8. Cf. l’encadré intitulé « COVID-19 et hausse de l’épargne des ménages : épargne de précaution ou épargne forcée ? », M. Dossche et S. Zlatanos (2020), Bulletin économique, n 6, BCE, 2020.
  9. Cf. « Special topic: Will consumers save the EU recovery? – Insights from the Commission’s Consumer Survey », European Business Cycle Indicators, European Commission Technical Papers, n 047, avril 2021.
  10. Cf., entre autres, J. D. Fisher, D. S. Johnson, T M. Smeeding, et J. P. Thompson, « Estimating the marginal propensity to consume using the distributions of income, consumption, and wealth », Journal of Macroeconomics, vol. 65, 2020.
  11. Cf. E.  Angelini, M. Damjanović, M. Darracq Pariès et S. Zimic, « ECB-BASIR: a primer on the macroeconomic implications of the COVID-19 pandemic », ECB Working Paper Series, n 2431, Francfort-sur-le-Main, juin 2020.
  12. Les perspectives de cette année pour les économies de marché émergentes d’Asie se sont nettement détériorées par rapport aux projections de mars 2021, principalement en raison de dégradations concernant l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie et les Philippines, tandis que les projections du PIB en volume pour la Chine sont restées globalement inchangées et que celles pour la Corée du Sud ont été révisées à la hausse.
  13. Le programme NGEU devrait permettre de financer des mesures de relance supplémentaires à hauteur d’un peu plus de 1,5 % du PIB sur l’horizon de projection (et se substituer au financement de programmes existants pour 0,3 % du PIB). Ce chiffre représente environ 0,2 point de pourcentage du PIB de plus qu’envisagé dans les projections de mars 2021 et est fondé sur des données actualisées issues des plans pour la reprise et la résilience présentés par les gouvernements au printemps de cette année.
  14. S’agissant des mesures ayant une incidence directe sur l’inflation, la baisse temporaire, en Allemagne, du taux général de la TVA à partir de la mi-2020 a été supprimée en janvier 2021. Aucune autre mesure fiscale importante ayant un effet direct sur l’inflation n’a été adoptée depuis les projections de mars 2021.
  15. L’orientation des politiques budgétaires est mesurée par la variation du solde primaire ajusté du cycle, déduction faite du soutien des pouvoirs publics au secteur financier. Étant donné que les recettes budgétaires plus élevées résultant des subventions du programme NGEU n’ont pas d’effet (de contraction) sur la demande, elles sont également ajustées de l’orientation budgétaire.
  16. Ces évolutions ne tiennent pas compte du déficit et de la dette constitués au niveau supranational européen en lien avec les transferts au titre du NGEU.
  17. Le scénario de référence table sur un abandon total des mesures de confinement début 2022.
  18. Étant donné qu’il est difficile de prédire quand une nouvelle intensification de la pandémie pourrait avoir lieu, les projections tiennent compte de la possibilité d’une résurgence du virus en répartissant l’incidence économique sur la période allant jusqu’à la résolution de la crise sanitaire.
  19. Contre une croissance de 1,4 % et 2,8 % au deuxième et au troisième trimestre respectivement dans les projections de référence.